Small talk

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4 juillet 2018 par ifeelblue

conversation

Parler de la météo, échanger des banalités, combler les silences… Je ne suis pas douée pour ça. Et surtout, je n’aime pas ça. Enfin, ça ne me pose pas de problème quand c’est avec des inconnus (bien sûr que je ne vais pas parler de choses ultra personnelles avec mon coiffeur, par exemple). Mais quand je suis avec des proches, j’ai envie d’aborder des sujets plus intimes. J’ai envie qu’on échange, vraiment. J’ai envie qu’on aille au-delà des « qu’est-ce qu’il fait chaud ».

Après avoir passé un week-end avec certains proches (>>>>ma mère<<<<), j’ai tout simplement réalisé qu’on ne se parlait pas. On discute, oui, mais on ne parle pas des vraies choses. On se limite aux platitudes météorologiques et aux conversations sur le menu du jour. Parfois je dois subir des récits sur les voisins ou sur des gens que je n’ai jamais rencontrés. Parfois ce sont les mêmes vieilles anecdotes qui sont racontées, encore et encore.

Mais tout ce flot de paroles reste dans le superficiel. Jamais, au grand jamais n’entre-t-on dans la sphère de l’intime. Depuis que j’ai mentionné certaines difficultés professionnelles, le sujet du travail est banni des conversations. Depuis que j’ai sous-entendu que le Canada me manquait, plus aucune question n’a été posée à ce propos.

Et je trouve ça tellement dommage, parce que j’ai l’impression qu’on passe vraiment à côté de quelque chose.

 

 

[Photo by Pavan Trikutam on Unsplash]

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20 réflexions sur “Small talk

  1. Emilie dit :

    C’est vraiment dommage que ça t’arrive avec ta mère. De mon côté, bizarrement je me livre très fort à mes amis mais peu à ma famille. Sans doute pour ne pas les inquiéter. Et je n’aime pas trop les conversations juste superficielles, avec qui que ce soit.

  2. Edgar dit :

    La famille de mon copain fonctionne comme ça, et ça fait un bon moment que je ne le supporte plus. De temps en temps, il y a de vagues conversations sur l’actualité politique, mais jamais rien de fouillé. Je crois que ce qui me saoûle le plus, c’est quand tout tourne autour des enfants (anecdotes à raconter + commentaires de ce qui se passe en direct). Je trouve ça tellement vide… Ca ne me dérange pas quand ça se mêle à du plus profond. Mais quand ce n’est que ça… Je le vis très mal, en fait. Ca m’oppresse.

    Je ne juge pas ce qui se passe dans ta famille. Mais je comprends ta frustration. Et pour ma part, quand je vois les dégâts que l’absence de « vraie » communication peut provoquer, ça me conforte dans l’idée absolue que je veux mettre en place de vrais échanges avec mes enfants. Qu’on puisse se parler de tout, être là les uns pour l’autre, pour partager les belles aventures comme pour soutenir lors des coups durs.
    L’homme est un animal social, mais surtout un animal émotionnel. Le nier, c’est juste le brimer et le blesser.
    En ce qui me concerne, j’ai décidé qu’il était terminé, le temps où je m’excusais de ressentir les choses et de vouloir des conversations intimes. J’ai récemment acquis la conviction très forte que c’est ce qui crée des relations sociales saines et épanouissantes. Donc maintenant je ne transigerai plus. Si on refuse de me l’accorder en toute conscience, alors basta.

    Avais-tu essayé d’aborder le sujet avec ta mère ? Parfois les gens ne parlent pas par habitude, parce qu’ils pensent que ce sera mal reçu. Peut-être que si tu la détrompes, si tu lui expliques à quel point c’est important pour toi, elle fera un effort ?

    • ifeelblue dit :

      j’ai exactement le même objectif pour Mini Blue, je veux qu’on puisse parler, échanger… je ne veux pas reproduire ce modèle de non-communication.

      aborder le sujet avec ma mère, non, je ne l’envisage même pas. Quand je vois l’absence de « résultat » pour d’autres trucs que j’ai déjà essayé de lui expliquer… j’ai même pas envie de tenter, en fait… et puis elle répète assez souvent qu’elle ne va pas changer maintenant (quant à d’autres aspects de sa personnalité), donc bon, je crois que ça servirait à rien!

      • Edgar dit :

        En fait, de façon générale, je ne comprends même pas qu’on puisse fonctionner sans communication. Il y a forcément une grosse part de soi qu’on étouffe, non ? comment peut-on être vraiment heureux si on ne dit jamais rien, le positif comme le négatif ?
        (c’est une vraie réflexion/interrogation)

        Ca doit être dur que ça ne sert à rien d’essayer :(. Tu arrives à trouver ton équilibre avec le reste de la famille/ton copain/tes amis ?
        (en tout cas si tu as besoin/envie, je suis là, et ce ne serait qu’un juste retour des choses en plus ^^)

        • ifeelblue dit :

          bah moi aussi ça me dépasse, c’est LE gros truc sur lequel je suis en totale opposition avec ma famille (bon, y en a d’autres hein, mais c’est vraiment un truc majeur).

          Je pense aussi que ce n’est pas bon de toute refouler, de rester toujours à la surface des choses… enfin peut-être que je me trompe car j’ai des contre-exemples de proches qui vivent ainsi et n’en souffrent apparemment pas!

          et sinon c’est gentil, merci ❤ heureusement j'ai mon copain, mes amies… et mon blog ahahah 😉

  3. Je comprend parfaitement ce sentiment. J’ai parfois l’impression que ma maman aussi (et d’autres proches) est un peu comme ça. Elle me laisse aborder certains sujets, mais pour autant elle n’écoute pas vraiment, ou du moins elle n’échange pas. Je me heurte à des « hum » en guise de réponse. La plus part des membres de ma famille ne me connaissent pas réellement… Ils ne savent pas ce qui me tient à cœur ou non. Heureusement que les amis sont là pour combler ce vide. 🙂

  4. carrie4myself dit :

    Pas facile les conversations. J’aurais aime plus aussi avec certains amis, mais cela restait « platonique », surtout avec les anglais, qui réagissent tres différemment que les français sur les sujets « philo ».
    Il faut trouver le bon moment aussi, on ne peut pas parler de tout a « n’importe quel instant ». Jamais facile tout ca.
    Je me tourne ainsi vers mes amis sinon.

  5. Melgane dit :

    Moi, je sais pas trop parler de moi. Je me suis un peu décoincée cette année parce que mon environnement était vachement cool, mais dans le fond je ne sais pas faire, je ne fais pas assez confiance aux gens pour ça, donc je ne parle vraiment avec personne… Je crois aussi qu’il y a une question culturelle : si on appelle ça vie « privée » c’est pas pour en parler, ou on n’ose pas, ou c’est des sujets intimes.. ça dépend des familles aussi, il y a des familles dans lesquelles on parle de tout !

    • ifeelblue dit :

      oui il y a des familles handicapées de la communication et des familles qui n’ont pas ce souci!
      après, que ce soit avec la famille ou les amis, il faut se sentir en confiance…

      • Melgane dit :

        Maintenant j’évite de dire « il faut que », apparemment c’est pas bien pour l’inconscient. « Il faut que je fasse confiance » « il faut que je mange mieux » « il faut que ceci ou cela » c’est pas bien du tout ! La première fois que j’ai lu ça dans un article de psycho (sur l’acceptation appliquée au corps) je me suis dit « il faut que j’arrête de dire « il faut que » » donc on n’est pas rendu ! Pour commencer j’essaye de transformer ça en « il faudrait que », étape intermédiaire entre le « il faut » et le silence.
        Sinon, j’ai des problèmes de confiance assez ancrés, donc voilà…

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