A-t-on le droit d’être triste sur Internet?

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23 mars 2017 par ifeelblue

vulnérabilité

J’aurais aussi pu intituler ce billet « L’autocensure sur la toile ». Ou « De l’image de soi qu’on veut projeter ». Bref, j’avais un bon stock de titres.

Il y a quelques temps, j’ai vu qu’un de mes billets de blog avait été cité sur un autre blog alors comme d’hab’, je suis allée jeter un coup d’œil. Je suis ainsi tombée sur un article très intéressant et qui m’a beaucoup parlé.

Un passage m’a particulièrement interpelée :

Je lis de nombreux blogs, écrits par des gens issus d’univers très différents ; et je suis frappée de voir à quel point tout ce petit monde se donne du mal pour que le moindre de leurs billets soit court, utile et positif, un peu comme si le net se transformait peu à peu en grand centre de développement personnel pour les nuls, en grande machine à simplification et à primarisation.

Je ne compte plus le nombre d’articles de blogs que j’ai pu lire qui partaient d’un constat ou d’une situation tristes ou négatifs pour arriver à une conclusion positive. Oui, j’ai souffert, mais ça va bien mieux maintenant. Alors je peux me permettre de donner de grands conseils flous et généraux sur la vie.

Ça me fait toujours penser à ces célébrités qui sont arrivées au sommet parce qu’elles étaient au bon endroit au bon moment (ne nous leurrons pas), mais qui se permettent ensuite de donner des leçons du genre « si tu crois fort en tes rêves, ils se réaliseront ». Mais bien sûr.

Moi-même, je me suis parfois un peu sentie obligée de terminer certains billets pas joyeux-joyeux par une petite note d’espoir. Une bonne résolution pour me sortir de toute cette négativité. Je ne sais pas trop pourquoi. Parce que c’est ce qui se fait ailleurs sur la toile? Parce que je n’avais pas envie de paraître trop négative? Parce que je voulais m’auto-convaincre qu’il ne peut plus rien nous arriver d’affreux maintenant?

Il ne faudrait surtout pas se montrer vulnérable sur le Net. La vulnérabilité, ça n’attire pas assez de « j’aime » ou de petits cœurs. S’improviser grand gourou en développement personnel, par contre, ça a l’air de plaire.

En réalité, je trouve que cette vulnérabilité devrait être exposée plus souvent. Parce que ça aide de savoir qu’on n’est pas seul à galérer, à se prendre la tête, à souffrir. Parce que c’est bien plus authentique que des grandes affirmations positives à la con. Et ça nous ferait du bien à tous, un peu d’authenticité.

Photo credit: Foter.com

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49 réflexions sur “A-t-on le droit d’être triste sur Internet?

  1. Wondersissi dit :

    Merci pour cet article, merci detre revenue, merci de partager avec nous… Je ne blogue plus depuis un moment, pile a cause de ca « vais je vraiment faire un article pour dire toute la merde qui me tombe dessus? « …. La réponse était peut être oui finalement!! 😉

    • ifeelblue dit :

      merci à toi pour ce gentil commentaire 🙂
      je pense que c’est là que le blog a le + d’intérêt : écrire sur ce qui ne va pas, ça peut faire tellement de bien! et ça permet d’avoir l’avis de personnes complètement neutres, de se sentir compris… 😉
      (j’espère que ça va!)

  2. Bernieshoot dit :

    Le droit, oui bien sûr et heureusement que nous l’avons.
    J’ai opté pour une ligne éditoriale positive par choix assumé. Ceci ne veut en aucune façon dire que je vis dans un monde de bisounours, mais il y a tellement de médias pour annoncer du négatif, alors pourquoi une de plus?

  3. Ginie dit :

    Moi je me plains toujours sur mon blog 😅😂 et peu importe car ça me fait du bien d’écrire !!!

  4. Marie dit :

    Merci pour ce billet ! Je partage totalement ton point de vue selon lequel on aurait bien besoin de montrer davantage notre vulnérabilité (et je ne dis pas ça uniquement parce que la lecture des bouquins de Brené Brown m’a passablement marquée).

    Je pense qu’il subsiste une partie du web sur laquelle on peut continuer à être à peu près soi-même (ou en tout cas, à publier ce qu’on a *besoin* de publier, lié par exemple à notre propre vulnérabilité, à nos cogitations personnelles, tout ça).

    Mais ce web-là est incompatible avec la nécessité d’être visible professionnellement.

    J’ai longtemps pensé que rien ne s’opposait à ce que je mélange contenus pro et contenus perso au sein d’un même blog et d’une même communication globale (Twitter, etc.). Le fait est que je me suis trompée, mais j’ai mis des années à m’en apercevoir ; années pendant lesquelles j’ai offert un point de vue imprenable sur mes états d’âme, ma vie personnelle et mes tripes.

    C’est au moment où j’ai commencé à me prendre pas mal de trolls dans la gueule et aussi à devoir chercher du boulot que je me suis rendue compte des limites de ce que j’avais l’habitude de faire depuis mon adolescence.

    Aussi, désormais, j’ai scindé en deux mon activité, renoué avec le plaisir d’utiliser un pseudo, découvert celui de tweeter à l’abri des regards indiscrets, etc. Et ça change tout.

    Par exemple, ça me libère beaucoup parce que je n’ai plus constamment au-dessus de l’épaule la sensation qu’un chargé de recrutement, qu’un collègue ou que mon chef lisent ce que j’écris (ce qui pourrait toutefois arriver, d’où mon choix de publier certains textes en privé, accessibles uniquement à des personnes de confiance).

    Donc oui, plus de vulnérabilité, moins de faux-semblants, mais en pensant à se protéger un peu malgré tout, car tout le monde ne mérite pas d’avoir accès à notre jardin secret.

    • ifeelblue dit :

      tu soulèves un point intéressant : je pense que le fait de publier anonymement ou pas pèse beaucoup dans la balance. C’est sur que quand on blogue avec son vrai nom, qu’on expose ses photos etc, bref que tout notre entourage passé, présent et futur peut nous reconnaître, c’est beaucoup plus délicat de partager ses états d’âme.

      C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai décidé de protéger mon anonymat sur la toile. Je ne veux pas m’autocensurer parce qu’untel pourrait me lire et me voir différemment. Et tout ça, sans même parler du pan professionnel!

      Et comme il y a maintenant énormément de gens qui bloguent à visage découvert et/ou dans le but de devenir blogueur pro, ça joue beaucoup selon moi sur cette uniformisation pailletée.

      En tout cas, c’est super si tu as trouvé un compromis/équilibre 🙂

    • Marie !!

      Pas plus tard qu’hier, je relisais pour la millième fois ton dernier post  » wake up from the illusion ».

      Ta plume, ton bon sens et ta sensibilité me manquent beaucoup…

  5. carrie4myself dit :

    Savoir rester vrai et ne pas se leurrer, mentir, mais dire simplement ce qu’on ressent; positif ou négatif. On a le droit d’avoir des sentiments pas toujours fun 😉

  6. Edgar dit :

    Réflexion très intéressante (et l’article que tu as mis en lien l’est tout autant !). C’est en partie pour ça que j’ai quitté l’univers des blogs : je ne m’y retrouvais plus. D’autant que j’avais plutôt tendance à prendre le blog pour un véritable journal intime et à n’écrire que lorsque ça n’allait pas trop ou que j’étais submergée par des émotions trop intenses ^^. Bref, pas vraiment ce qui est « tendance », quoi.
    Parfois l’envie me reprend… Mais je ne suis pas sûre d’avoir ce courage aujourd’hui. Je préfère lire ceux qui l’ont :p.

  7. Linaa dit :

    Personnellement, ça me tiens plutôt à cœur de partager le positif et le négatif. Même si parfois ça m’a fait m’interroger, parce que quand on le fait, on a un peu l’impression que quelqu’un va crier au sacrilège d’oser ne pas remarquer que tout est question de perception (aka faut voir le positif en tout, sauf que parfois c’est un exercice un peu trop compliqué).
    La blogo c’est quelquefois devenu « montrer tout ce qui brille » et dissimuler le reste… Cela reste fort dommage, car comme tu le soulignes si bien, le contraire aide à prendre conscience que d’autres rencontrent les mêmes galères, partagent certaines peurs ou doutes, etc

  8. Distrayante dit :

    Comme le dit Marie, si on utilise son blog pour accélérer sa carrière, mieux vaut être positif….
    Et le fameux « si tu crois fort en tes rêves »…. Je me pose bien des questions là dessus… et je crois que ça vient de m’inspirer un article 🙂

  9. Etre prositive ne remet pas forcement en doute l’authenticité. Je pense que ce monde de brut est deja assez triste et qu’avec les medias et les infos y a deja assez de negatif comme ca. J’aime au contraire retrouver toute cette positivité sur la blogosophere. Cela ne veut pas dire que cette blogueuse ou l’autre ont une vie parfaite c’est juste qu’elles decident de partager le positif de leur vie, experiences et aventures.

    • ifeelblue dit :

      oui je comprends tout à fait cette vision des choses, je comprends qu’on ait envie de créer une bulle d’optimisme en tant que blogueur, et qu’on soit attiré par ça en tant que lecteur.

  10. ET oui, les gens aiment le positivisme, le bonheur, l’espoir, etc…ils likent beaucoup plus tous les messages qui leur apportent du réconfort, et de la joie de vivre ! Si tu commences à poster sur la maltraitance (animale ou humaine), sur tes etâts d’âme tristes, ils s’écartent de toi…ils ne veulent pas attraper la peste. Alors je suis d’accord avec toi, c’est bien dommage car c’est pour moi, détourner son regard des choses qui nous dérangent ! Sur mon blog et mon facebook, j’évite de trop écrire sur l’inceste et la bipolarité et aussi sur des sujets qui me révoltent concernant les animaux, et l’humanité. Je poste des choses positives et d’un autre côté cela me force à voir le monde d’un façon moins ténébreuse…
    Jolie soirée.

    • ifeelblue dit :

      je pense qu’on peut, en tant que lecteur, chercher différentes choses quand on flâne sur les blogs. Effectivement on peut vouloir échapper à toutes les horreurs de ce monde et se concentrer sur le positif et les paillettes. Perso ce n’est pas ma démarche, mais je comprends!

  11. Bloody Lucy dit :

    C’est intéressant ce que tu écris parce que, pudeur mise à part, il y a clairement une forme d’aseptisation des écrits et une autocensure qui fait sa loi autant sur les blogs que sur les réseaux sociaux (surtout Twitter, pour ne pas le citer). J’ai déjà lu çà et là des gens disant que si on va mal, autant aller chez un psy, mais je crois que ceux-là sous-estiment le pouvoir de l’écriture. Ca fait du bien d’écrire quand ça va pas, surtout quand c’est difficile de le dire oralement. Et puis comme tu le dis, ça permet de savoir qu’on n’est pas seul. La mode est effectivement au développement personnel, au coaching de vie et au positivisme mais je ne suis pas certaine que ce soit le truc du tout le monde (perso, je suis ultra agacée par le fait de devoir trouver tant de raisons par jour de dire merci à la vie, ça me gonfle au possible).

    • ifeelblue dit :

      Et que dire d’Instagram? quand on parle d’aseptisation, je crois que c’est le pompon!

      le développement personnel n’est pas absolument pas mon truc (honnêtement, tous les trucs que j’ai pu lire me faisaient hurler BULLSHIIIIIIIT) mais après, si ça fonctionne pour d’autres, tant mieux pour eux, vraiment.
      « perso, je suis ultra agacée par le fait de devoir trouver tant de raisons par jour de dire merci à la vie, ça me gonfle au possible » -> j’ai ri ^^

      et sinon, je suis complètement d’accord avec toi, écrire peut être thérapeutique, ça fait du bien de vider son sac par écrit.

  12. Même dans ce billet où tu parles de vulnérabilité, tu trouves le moyen de ne pas t’étendre sur la tienne de vulnérabilité alors oui tu as raison c’est tabou et on a tendance à s’auto-censurer. Cela étant, en ce qui me concerne j’ai écrit plusieurs billets où je dis mon mal-être, ma lassitude, mon impatience et au contraire ils sont lus et appréciés parce que c’est plus facile de s’identifier à ça qu’au bonheur 24/24 je pense…Mais je n’aimerais pas écrire que ça, quand je vais vraiment mal, je ne partage rien sur mon blog parce que ce n’est pas mon journal intime non plus…mais chacun a une définition différente de l’exercice !

    • ifeelblue dit :

      ben je parle de la vulnérabilité en général, pas de la mienne, mais j’ai déjà abordé des sujets très sensibles pour moi sur ce blog, j’ai déjà partagé des gros coups de mou 😉 par contre, à chaque fois j’essaie de conclure de façon positive mais ça sonne faux, parce que je me force à finir comme ça. Bref, j’ai tort!

      après, comme tu dis, chacun vit le truc différemment et partage ce qui lui plait, au final! 🙂

  13. Sophie dit :

    Je suis d’accord avec toi sur ce constat, mais en temps, à quoi cela servirait de se plaindre dans nos billets? Pour recevoir de la pitié, des mots de consolation de personnes qui ne te connaissent pas?
    Il m’arrive souvent de me raconter sur mon blog, mais j’attends souvent que la crise de tristesse soit passée, mon blog me sert justement à poser mes sentiments pour aller vers le meilleur de la vie, pour analyser les choses plus positivement.
    Bises

    • La Carne dit :

      On ne se plaint pas pour recevoir de la pitié… juste pour partager… parce que ça fait du bien quand ça sort… ça fait du bien de savoir qu’on n’est pas seule à avoir vécu certaines choses… si on part du principe « à quoi ça sert de partager avec des gens qui ne nous connaissent pas » … pourquoi bloguer? 🙂 #ronchon

    • ifeelblue dit :

      perso quand je publie un billet « négatif » (ou plutôt un billet où je raconte que ça va pas et pourquoi), je n’attends pas de pitié, mais déjà ça fait du bien de vider son sac par écrit, je trouve, et puis les mots de consolation, même quand ça vient d’étrangers, ça fait du bien. 😉 parfois il y a, parmi les gentilles personnes qui commentent, des gens qui donnent des conseils, parfois des gens qui disent qu’ils ressentent ou ont ressenti la même chose… bref, perso je trouve ça très positif comme échange, au final 🙂

  14. La Carne dit :

    On m’a déjà reproché, par deux fois, de vouloir attirer les likes à coup de tristesse… on m’a dit que sans aucun doute j’en rajoutais, parce que ça fait vendre et que ça attirait le chaland… comme quoi… 🙂
    On m’a reproché de vouloir me faire plaindre… alors que je disais juste des choses personnelles…
    Après ça, je me suis souvent sentie coupable quand je postais mes états d’âme plus noirs…

    J’ai pris pas mal de recul avec le blog… j’y mets ce que j’ai envie… que ce soit approprié ou pas… que ça attire ou pas…

    • ifeelblue dit :

      ben tu m’étonnes que ça culpabilise, ce genre de commentaires à la con! y a des gens, franchement…

      j’adhère complètement à cette philosophie de mettre sur ce blog ce qu’on veut, sans se soucier de la réaction des autres 😉

    • Sophie dit :

      Bon que tout soit clair ce n’est pas moi qui suis venue te critiquer sur ton blog hein! 🙂 Je blague, enfin non je ne blague pas, ce n’est pas moi ! 🙂

      J’ai peut-être commenté trop rapidement tout à l’heure car moi aussi j’ai fait des billets sur le deuil par exemple qui m’ont fait du bien en les écrivant. C’est peut être qu’en ce moment je cherche inconsciemment coûte que coûte de positiver les choses, même si à la base elles sont négatives, c’est mon humeur depuis quelques mois.
      Et bien entendu,on ne se plaint pas pour recevoir de la pitié, je me suis mal exprimée.

      Après, je crois que tout dépend de ce que l’on veut faire de son blog… un journal intime, un thérapeute, ou donner une vision plus optimiste des choses pour les personnes qui sont dans le même ennui…Cela peut-être un peu de tout cela, pour ma part, je crois que c’est ainsi que je vois mes écrits.

  15. C’est dingue !!

    Pas plus tard, pour mon blog, j’écrivais le brouillon d’un article sur le même thème, sans pourtant être passée par ici.

    A mon avis, ça doit être un sentiment de fond qui émerge dans la blogosphère : l’agacement face à la prolifération d’internautes s’érigeant en coaches de vie, la saturation face à tant de positive attitude à tout va.

    Je pense, qu’en règle générale, l’être humain est naturellement attiré autant par le beau que par ce qui est lumineux. D’où le fait que, comme le soulignait justement « adieuvoleursdevie », les internautes mettant en avant un univers joyeux, rempli de bonheur, d’espoir, de « tout va bien, vous verrez » attirent plus de likes et de petits coeurs.

    En plus, on aime bien aller vers ceux à qui on voudrait ressembler et vers ceux qui ont l’air d’avoir leur vie sous contrôle (qui idéalise celui dont la vie a l’air chaotique ? celui qui semble perdu ? ). Ca fait rêver, c’est vendeur, c’est attractif. Et voilà pourquoi, à mon avis, la blogosphère tend à être de plus en plus « pailletée ».

    • ifeelblue dit :

      ah j’espère que tu vas publier ton brouillon, j’aimerais beaucoup lire ton article sur ce sujet 🙂

      je suis d’accord avec cette explication, mais je pense que ce n’est pas la seule.

      Comme le soulignait Marie plus haut dans les commentaires, il y a aussi l’aspect professionnel du truc, et puis le fait de bloguer à visage découvert. Personne n’a envie que ses proches pensent qu’on est déprimé, ou que notre vie ne vend pas du rêve. Et c’est pas juste les blogueurs mais tout le monde sur les réseaux sociaux.

  16. Melgane dit :

    Je ne peux pas me montrer vulnérable sur la toile, parce que je n’aime déjà pas me montrer vulnérable dans la vie ! x) Cela dit je voudrais redevenir sur le titre de ton article (et donc en conséquence sur le fond). Parce que la dernière émission que nous avons enregistrée concernait les réseaux sociaux et pour la préparer on avait lu plusieurs articles de sciences humaines et dans l’un d’eux l’autrice rapportait les propos d’une ado qui avait dit qu’elle se sentait obligée de se prendre en photo avec le sourire même quand elle était triste. Je ne pense pas que ça soit seulement une question de like, je pense que c’est beaucoup plus complexe que ça. Tu dis toi-même que même sur des billets pas joyeux t’as voulu finir sur une note positive, que y’a des gens qui commencent leurs articles par des constats tristes pour sortir un truc joyeux… je crois que ça relève de la mise en scène de sa vie, surtout dans le contexte général de l’injonction au bonheur (si mon commentaire est aussi long que je pense qu’il va l’être je vais être obligée de pondre un article complet haha xD). Très régulièrement sur Hellocoton on trouve mis en avant des articles qui disent « j’ai voulu être heureuse, et je l’ai été  » « quand j’ai compris que je pouvais être heureuse » etc., etc., etc. Injonction au bonheur : soyez heureux ! Soyez heureux dans votre vie mais, surtout (oui, « surtout » !) soyez heureux sur le net ! En fait je dirais que ce qui compte ce n’est pas d’être heureux mais de le paraître (nous sommes dans une société du paraître, ne nous voilons pas la face). L’autre jour j’ai lu un article (si l’autrice passe par-là qu’elle se dénonce :P) qui disait que quand quelqu’un nous demande « comment ça va ? » on devrait répondre la vérité, on devrait répondre « non » quand ça ne va pas. Mais non ! Déjà je me suis rende compte qu’à titre personnel quand mon me demande « ça va ? » j’ai tendance à dire « et toi ? ». Ca tient à ma personnalité de ne pas parler de moi quand ça ne sert pas un discours (ici les exemples sur ma vie servent mon argumentaire, donc ça passe) mais ça s’inscrit aussi dans un contexte général de paraître le bonheur. Finalement je pense que je vais l’écrire, cet article 🙂

    • ifeelblue dit :

      je viens de voir ton article, je mets le lien ici: http://fuite-en-avant.blogspot.fr/2017/03/ne-me-parlez-pas-de-malheur.html
      😉

      je suis 100% d’accord avec toi et je trouve que tu soulèves plein de points intéressants, mais celui qui me frappe le plus par sa pertinence, c’est le truc du paraître. Clairement, on s’en fout de la réalité, ce qui compte, c’est les apparences. Ça me fait penser à cette instagrammeuse australienne ou néo zélandaise qui avait tout plaqué (alors qu’elle avait vachement de succès) parce qu’elle en pouvait plus de faire semblant.

      C’est tellement facile de publier seulement les clichés/anecdotes/billets qui mettent en valeur notre vie. On a envie de vendre du rêve, pas de faire pitié!

  17. MERCI POUR CET ARTICLE.
    Je partage totalement ce sentiment de devoir policer les interactions dans la blogosphère de sorte de toujours avoir l’air cool et avenant. D’ailleurs, ça m’a fait penser à un épisode de Black Mirror (Saison 3 épisode 1), tu devrais aller le voir si tu ne connais pas. Pour te faire rapidement le speech : une femme obsédée par la note qu’on lui donne sur les réseaux sociaux à chaque interaction de sa vie (le salut à la collègue dans l’ascenseur, le coup de fil à une amie etc.) est devenue une espèce de Barbie auto-censurée, qui s’entraîne à sourire toute la journée. Tout va basculer lorsque sa note sera « en chute libre » (titre de l’épisode).

    J’évolue dans la sphère du développement perso, et pour l’instant rares sont les bloggeuses dont j’ai l’impression qu’elles fournissent un contenu de réelle qualité, nourrie de lectures, d’expérience réelle et pas de tendances issues de la sphère mode-beauté-lifestyle-DIY sur laquelle j’ai un regard assez critique (j’ai lu Beauté Fatale de Mona Chollet, et depuis ma vie n’est plus la même).

    Bref, ton regard singulièrement pénétrant et lucide me fait énormément de bien. Je me sens moins seule. Et cela va me permettre de ne plus me sentir dans l’obligation de rajouter un smiley ou un point d’exclamation à chacune de mes phrases, pour avoir l’air plus enjouée.

    • ifeelblue dit :

      ah Black Mirror, on m’en a dit tellement de bien et on m’a aussi raconté vite fait le 1er épisode et du coup j’arrive pas trop à me lancer!

      Je connais pas du tout « Beauté Fatale » mais je vais creuser car tu m’intrigues 😉

      En tout cas, je suis ravie de ne pas être la seule à être de cet avis. Merci pour ton commentaire, vraiment.

  18. Adele dit :

    Intéressant ton billet. Ça me fait penser aux échanges de galère sur doctissimo il y a 10 ans. Au fond du trou on partageait de belles choses. Je ne sais pas si cet esprit y est encore.

  19. Le masque « tout va bien », c’est celui que je porte aussi IRL… J’ai du mal à montrer ma tristesse quand elle est là. Je crois que je n’ai pas très bien assumé de me montrer « sans filtre » dans mon dernier blog. Je me sens plus à l’aide avec ma carapace. Peut-être est-ce le cas d’autres blogueuses…

  20. Bonjour, merci pour ce petit article sympa ! Je suis d’accord la vulnérabilité reste une chose plus au moins belle, car pleines de sensibilité … je préfère lire quelqu’un que je sens honnêtement sensible qu’une personne qui pense avoir tout compris …

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