La place du père

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23 février 2017 par ifeelblue

lion

Depuis que je suis mère, j’ai toujours considéré le père de ma fille comme mon coéquipier, mon allié. Pas mon adjoint. Ni mon boss. Enfin, en réalité, c’était déjà comme ça avant que nous devenions parents. Pas de hiérarchie dans notre couple.

Nous avons toujours pris à deux les décisions qui concernent notre fille. Il faut dire qu’on a à peu près les mêmes idées sur l’éducation qu’on veut lui donner et les méthodes à employer pour y parvenir. Parfois, nos avis divergent alors on en discute. Parfois, le ton monte un peu, quand c’est la nuit et que le débat nait de pleurs nocturnes à calmer. Parfois, on s’interroge sur de potentiels problèmes futurs. Quoi qu’il en soit, nous avons ces conversations à deux et nous prenons toutes ces décisions à deux.

Alors je dois dire que j’ai complètement halluciné quand un jeune papa m’a récemment déclaré (légèrement dépité) qu’il n’avait pas son mot à dire et que c’était sa compagne qui imposait sa façon de faire les choses pour l’éducation de leurs fils.

Je conçois complètement que certaines décisions soient prises par la mère, et elle seule. Comme tout ce qui concerne l’allaitement, car c’est du corps de la mère qu’il s’agit. Mais pour tout ce qui a trait à l’éducation, au cadre qu’on veut donner à son enfant… ça me dépasse. Et personnellement, je serais incapable d’appliquer convenablement des règles que je désapprouve. Encore plus quand ces règles m’impactent directement et/ou négativement.

Oui, la mère occupe une place importante dans la vie d’un enfant. Mais le père aussi.

Et son avis compte tout autant.

Photo credit: Fotografik33 – www.fotografik33.com via Foter.com / CC BY-NC-ND

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33 réflexions sur “La place du père

  1. carrie4myself dit :

    Non ta moitie n’a pas a etre adjoint ou boss?!
    Par contre oui un pere a lui aussi sa responsabilité a s’occuper, a éduquer l’enfant. 2 êtres pour faire un enfant, 2 êtres pour s’en occuper et le faire grandir du mieux possible 🙂

  2. Melgane dit :

    Je pense que certaines personnes peuvent penser qu’il n’y a que les mères qui savent s’occuper convenablement des enfants parce que l’on parle beaucoup d’instinct maternel, etc., et très très peu d’instinct paternel. Ça vient aussi d’un discours stéréotypé qui traîne depuis des années et des années et des années : la mère s’occupe des enfants et elle est la seule à pouvoir le faire, elle s’occupe du foyer et de l’éducation ; le père lui, ramène l’argent, prend les armes pour protéger sa famille, ne montre pas ses émotions, etc.
    Ça ne veut pas dire qu’il ne faille pas interroger ça et aller contre, mais juste qu’en fait ce qui te paraît hallucinant est en réalité tout à fait compréhensible d’un point de vue du discouurs historico-social.

    • ifeelblue dit :

      je suis d’accord avec toi pour dire que c’est une idée très répandue, et c’est la vision « traditionnelle » du truc. Mais bon, déjà on est en 2017 et on a bien évolué. Et en plus, dans ce cas, je pense que le père aimerait pouvoir s’impliquer plus. Mais c’est la mère qui ne le laisse pas. c’est ça que je trouve triste.

      • Melgane dit :

        C’est vrai que la situation est vraiment triste… mais si la mère est bourrée des stéréotypes… ou même d’expériences qu’elle a eu étant enfant et contribuant à lui faire croire que les stéréotypes sont vrais… on est en 2017 mais les choses avancent lentement !

  3. Ingrid dit :

    Ca me rappelle un débat qui a eu lieu sur Facebook avec une amie et l’une de ses amis. J’avais accès aux échanges. Et j’étais sidérée qu’il y ait des mères qui contrôlent tout de leur bébé sans que le père ait son mot à dire… Par contre, pour leur coller dans les dents qu’ils pourraient faire le ménage, les courses, elles sont bien contentes de les trouver ! Or, un enfant, il se conçoit à deux et il doit être éduqué à deux. Bien entendu, comme tu le soulignes si bien : la mère a des avantages que le père n’a pas. Mais ce n’est pas une raison pour le tenir à l’écart… Un père peut être tout à fait capable de s’occuper d’un nourrisson. Encore faut-il que la mère lui donne l’occasion de le prouver.

    • ifeelblue dit :

      complètement d’accord avec toi. Le pire, c’est que je pense qu’un paquet de pères aimeraient s’impliquer davantage, mais à force de sentir qu’on ne leur laisse pas la place, au bout d’un moment, ils lâchent l’affaire…

  4. Edgar dit :

    Je ne sais pas ce qu’il en est précisément pour ce papa, mais… Si je comprends tout à fait ton point de vue et le partage dans l’absolu, mon quotidien me montre parfois que je me retrouve dans le rôle de cette mère. Je ne suis pas sûre que cette attitude soit toujours « consciente » chez ces mères « contrôle ». Je pense qu’il y a parfois, après la naissance, cet instinct de « c’est moi qui l’ai porté, qui me suis occupé de lui en moi pendant neuf mois, je suis donc la mieux placée pour le comprendre et savoir ce dont il a besoin après ». On ne peut pas nier, je pense, et ce même si ça déplaira à certains courants féministes radicaux, que la mère établit souvent une connexion avec le bébé (je ne dis pas « toujours » parce qu’on sait que ce n’est pas le cas) : on peut appeler ça de l’amour, du lien filial, un instinct « animal » de protection, peu importe à dire vrai. Le fait est que, en tant que mère, et même si c’est injuste envers les pères, on peut se dire qu’on est la mieux placée pour comprendre et s’occuper du bébé.

    A côté de ça, et là je parle de ma situation personnelle, le fait d’avoir dû gérer le quotidien seule cinq jours par semaine pendant sept mois, bah… Oui, je reconnais, j’ai pris des habitudes. Je l’ai aussi vu davantage grandir que son père. Et il y en a eu des disputes avec la fatigue… des « mais je t’avais dit de faire comme ça, c’est comme ça qu’on a l’habitude de faire, je le sais mieux que toi quand même ! » ^^.

    Autre chose : parfois c’est facile de dire que le père sait s’occuper du bébé. Mais s’en occuper, ce n’est pas seulement changer la couche, lire un livre et donner le biberon. C’est tenir le compte des bouteilles d’eau/boîtes de lait/couches/cotocouches/savon/cotons/petits pots/laitages/fruits/légumes/flacons d’antidouleur/crème pour le change/crème pour le corps/crème spéciale pour son eczéma sur ordonnance seulement/dosettes de sérum physiologique/serviettes/bodys et fringues propres… C’est prendre RV chez le médecin et l’y emmener, parfois trois fois en dix jours. C’est passer à la pharmacie chercher l’ordonnance prescrite et prendre les vaccins à conserver « au frais dans un tupperware loin des parois du frigo ». C’est les lessives, le rangement, les jouets, les livres, les sorties bibliothèque. C’est toute une intendance, des dizaines de post-its virtuels plein la tête. Et ça, soyons honnêtes, il y a quand même des pères qui n’ont pas envie de s’y coller. Alors après, oui, c’est sûr, si en tant que mère on gère tout ça… et bien on a sans doute moins tendance à laisser la place au père.

    Bref. Commentaire un peu confus ^^.

    • ifeelblue dit :

      (désolée je viens de voir ton commentaire, il était dans les indésirables, wordpress en met toujours qqles uns dans les spams sans raison…)

      Je suis d’accord avec toi sur le truc du lien spécial entre la mère et l’enfant, découlant de la grossesse et de la « fusion » que celle-ci peut engendrer (je dis « peut » car comme tu l’as souligné, c’est pas toujours le cas). Je me rappelle d’ailleurs avoir lu quelque part une interview d’une psychologue disant que le rôle du père, c’est de séparer la mère de l’enfant (ou l’enfant de la mère, bref, éviter que la fusion perdure après l’accouchement). En tout cas tu as peut-être raison et c’est peut-être l’explication. Le fait de se sentir mieux placée, plus légitime, naturellement plus capable que le père…

      C’est sûr que dans ton cas, être parent solo la semaine, ou pour les parents séparés quand le père a les enfants seulement le week end par exemple, il y a tout plein d’habitudes qui se créent la semaine et puis au-delà des habitudes, plus tu passes de temps avec un bébé/enfant, plus tu sais les choses qui marchent ou pas (que ce soit en terme de crème à utiliser pour l’érythème que de façon de bercer pour un endormissement optimal, etc.). C’est logique, en fait!
      Mais après, je fais une distinction entre ces trucs là (qui sont des trucs « pratiques » au final) et des trucs plus théoriques comme par exemple décider qu’on pratiquera le cododo même si le père est moyen motivé. Tout ce qui est « éducation » au final. Pour moi, les 2 doivent avoir leur mot à dire.

      Pour ton dernier paragraphe, ça m’a fait sourire car ça me fait penser à une discussion qu’on a eue avec Monsieur non seulement le concernant mais aussi un de ses amis. Du coup, je me demande si c’est pas un truc très répandu chez les mecs, de se « reposer » sur les femmes pour toute cette intendance (les rdv pour les vaccins, la préparation des sacs pour les sorties, etc.). Enfin, est-ce que les hommes se reposent sur les femmes, ou est-ce que les femmes gèrent le truc donc ne laissent pas de marge de manœuvre à leur compagnon… jusqu’à ce qu’elles en aient marre et que les reproches fusent!
      Après, je pense qu’il faut un équilibre aussi. La mère peut pas TOUT porter sur ses épaules.

      • Edgar dit :

        J’avais tendance à dire, après la naissance, que vu ce que j’avais enduré/vécu entre la grossesse et l’accouchement, on n’était pas à 50-50 en terme de pouvoir de décision ^^. Je le reconnais, c’est pas très juste (encore que ? je veux dire, on n’a pas vécu tout ça pour se retrouver avec le même « pouvoir » que les pères, si ? ils ont fait quoi, à part prendre leur pied 2 min 30 ? *pardon pour ma vulgarité, tu peux modifier mon commentaire*).

        En fait je ne dis pas que les mères sont objectivement mieux placées que les pères, seulement que ça peut être un sentiment naturel. Même si j’aime bien les histoires pour enfants à base de manchots/pingouins et de mâles qui se chargent des oeufs ;).

        Je suis d’accord pour ce qui est de l’éducation en général. Mieux vaut (déjà) être à peu près raccord AVANT de pondre un mioche (ça paraît évident, mais quand j’entends certains discours…). Et continuer de discuter après. L’objectif est que chacun se sente entendu, même s’il y a des compromis de part et d’autre (genre chez nous depuis quelques mois, les discussions tournent autour de : « on lui fait croire au Père Noël ou pas ? » ou bien « on lui fait manger de la viande ou pas ? » ^^).

        Je ne sais pas trop pour ce qui est du partage des tâches concernant l’intendance… Mon copain s’en chargeait davantage avant mais avec la séparation professionnelle, c’est retombé sur mes épaules. Là j’arrive clairement à saturation et je lui ai dit que j’avais besoin qu’il prenne le relais et sa part du « boulot » parce que je n’en pouvais plus. Il est d’accord, mais ça ne l’empêche pas d’oublier des trucs ^^. Ce matin au tel, je lui ai encore demandé (en rigolant) ce qu’il ferait sans moi : « des courses tous les deux jours, je pense » (il est du genre distrait pour tout ce qui concerne le matériel, à l’opposé de mon caractère, autant dire qu’avec la fatigue, ça fait parfois des étincelles ^^).

        Je pense aussi qu’on a tendance à reproduire le schéma familial. Mon père est du genre « partage des tâches » (ménagères en tout cas) mais avec le recul, c’est ma mère qui gérait toute l’intendance « enfants »… Du côté de mon copain : chaque parent avait son propre compte bancaire, le père gérait les dépenses « maison » (travaux, etc.), la mère les dépenses « enfants »… Il faut du courage et de l’énergie pour remettre nos « réflexes » en question.

        • ifeelblue dit :

          alors je pense que soit on reproduit le schéma familial de notre enfance, soit on fait en opposition. C’est mon cas, parce que ma mère gérait TOUT en plus de bosser, et mon père ramenait le gros des sous. En tant qu’ado, je me suis promis de ne jamais me laisser « écraser » comme ça, et puis de toute façon je suis tombée sur un gars bien qui en fait plus que moi niveau tâches ménagères, donc… ^^

          je pense aussi que c’est important d’être déjà sur la même longueur d’onde avant l’arrivée des enfants. C’est déjà partir sur de bonnes bases. Et puis après, comme tu dis il y a parfois des compromis à faire, le tout étant que chacun ait son mot à dire. 😉

          • Edgar dit :

            Oui pour le schéma familial. Nous on reproduit en essayant « d’améliorer » ^^. C’est cool pour Monsieur Blue :p. Je ne me plains pas du mien non plus, quand j’étais alitée il a tout fait tout seul pendant cinq mois… Ca en plus du boulot, c’était beaucoup. Et de façon générale, on est plutôt « égalitaire ». Faut juste qu’on retrouve un équilibre par rapport au bébé :).

            Oui :). D’autant que j’ai un (très)(très) fort caractère, donc vaut mieux savoir s’affirmer en face quand je vais trop loin (quand je suis fatiguée, j’ai tendance à moins écouter les autres). Mais ça va, il se rebelle ^^.

          • M. Blue dit :

            « je suis tombée sur un gars bien qui en fait plus que moi niveau tâches ménagères »

            Printscreen.

      • Edgar dit :

        Oh et : mon copain a très mal vécu mon « on n’est pas à 50-50 en terme de pouvoir de décision ». Et n’a jamais compris les pères de notre entourage qui laissent les mères tout faire. Donc je reconnais avoir ma part de responsabilité parfois. J’espère que maintenant qu’on est à nouveau tous ensemble tous les jours, on va retrouver l’équilibre qu’on avait avant.

        Et dernier point (parce que mes commentaires vont décidément dans tous les sens !) : parfois peut-être qu’on se dit qu’on est mieux placé pour s’en occuper, pas en tant que mère, mais en tant que fille. Parce qu’on fait partie d’une génération qui a encore souffert des stéréotypes sexistes et que c’est plutôt aux filles qu’on apprenait à s’occuper des bébés/enfants, qu’on proposait d’être baby-sitter, etc. Juste une histoire d’expérience.

        • ifeelblue dit :

          je trouve ça bien que ton copain l’ait mal vécu, c’est signe qu’il veut s’impliquer donc c’est positif au final! il s’en lave pas les mains, quoi!

          je comprends ce truc de « j’ai géré la grossesse et l’accouchement donc j’ai le droit de m’imposer maintenant ». Mais en même temps, je pense que le risque, c’est un peu une démission du père. Si tu ne peux pas te faire entendre et qu’on balaye ton opinion d’un revers de main, tu vas vite te lasser, je pense (j’emploie un « tu » général ici, hein!). Mais c’est un peu le serpent qui se mord la queue parce qu’au bout d’un moment, la mère qui gère tout va en avoir marre que le père ne gère rien. Enfin c’est une possibilité quoi!

          Quant au poids des stéréotypes sexistes, je pense que ça doit jouer, oui… :S

          • Edgar dit :

            Ah oui c’est clair, pour lui c’était évident que c’était du 50-50. Il était même très frustré de ne pas pouvoir vivre ce que je vivais, parfois (le sentir bouger, taper, etc.). J’espère que je ne donne pas l’impression de l’empêcher de faire quoi que ce soit, c’est pas le cas, hein :D. C’est juste que parfois j’ai tendance à prendre la main par habitude/réflexe. Mais je me soigne, c’est une conversation qu’on a régulièrement ;).
            Et pour ce qui est des questions de fond, en tout cas, on a toujours été dans la discussion et le compromis. J’ai parfois mis de l’eau dans mon vin, parfois c’était lui. Globalement, on est plutôt sur la même longueur d’ondes. Je pense que c’est super important pour le bébé, de savoir que les deux sont d’accord. Sinon ça crée des angoisses.

            Oui pour la démission du père. C’est le risque en effet, si la mère s’impose trop et reprend définitivement la main. 😦

  5. Marianne dit :

    Je ne suis pas du tout concernée par le sujet pour l’instant, mais je trouve que c’est une manière très saine et équilibrée de procéder. Et comme pour un couple, c’est un travail d’équipe 🙂

  6. Bernieshoot dit :

    une mère, un père on pourrait appeler ça des parents !

  7. Distrayante dit :

    Je ne connais pas ce père, et je ne veux pas le juger, mais est-il présent ? Il arrive (pour des tas de raisons) que l’un des parents ne participent pas aux tâches du type bain,repas, devoirs, réunion d’école, conduite aux sports… Quand l’un des parents s’occupe à 99 % des enfants, je peux comprendre qu’il se sente un peu plus légitime pour la prise de décision, sans forcément penser à mal

  8. lesbaladesdebebe dit :

    PAPA de 2 monstres (que j’aime) de 2 ans et 9 ans, le couple doit fonctionner comme un binôme à la bonnie&Clyde ou à la Tom&Jerry… la confiance que l’on doit avoir en l’autre doit être supérieure à celle que nous avons pour nous même… Les papas se mettent au niveau des mamans et c’est tant mieux pour vous mesdames 😉

    amicalement

    damien

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