Ceux qui font semblant de s’expatrier

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6 avril 2014 par ifeelblue

piscine

En ce moment je regarde beaucoup une chaîne de télé axée sur l’immobilier (oui, ma vie est passionnante. Je vous ai dit que je faisais du tricot?). On y voit des gens qui cherchent à acheter une maison ou louer un appartement et qui visitent trois demeures avant de faire un choix. Parfois, tout a lieu aux États-Unis; parfois, c’est à l’étranger.

Quand c’est à Hawaï, dans les Caraïbes, en Alaska, ou quand ce sont des millionnaires qui cherchent à acheter une île, je rêve paisiblement devant mon écran.

Mais quand ce sont des Américains qui déménagent quelque part en Europe et qui cherchent un logement identique à celui qu’ils ont quitté, ça m’enrage. La quête de l’énorme frigo, des dimensions gigantesques, de la salle de bain annexée à la chambre principale… Au final, l’inverse de la norme dans de nombreuses villes européennes (j’ai envie de dire « l’Europe toute entière » mais je n’ai pas assez voyagé en Europe pour faire cette affirmation).

En fait, ce qui m’énerve, ce sont les gens qui quittent volontairement leur pays pour essayer de recréer exactement la même chose ailleurs. J’en ai vu beaucoup, des Français qui s’installaient au Québec et qui cherchaient à recréer leur quotidien français à tout prix. À ne sortir qu’entre Français, à vouloir leur croissant et leur pain au chocolat au petit déjeuner, à s’installer dans le quartier français sans même envisager d’autres quartiers, à ne pas suivre l’actualité de leur pays d’accueil.

Pourquoi ne pas faire preuve d’ouverture d’esprit et essayer de s’adapter? Quel est l’intérêt de partir si c’est pour chercher ce qu’on a quitté ailleurs?

Pourquoi faire semblant de s’expatrier?

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43 réflexions sur “Ceux qui font semblant de s’expatrier

  1. Proserpinne dit :

    Amen. J’ai vraiment envie d’écrire sur la question, et sur le fait que le Québec, c’est PAS le Canada mais j’attends d’y aller…

  2. Ohhhhh proserpinne moi qui en vient du Québec je te le confiiiiirme que Québec n’est pas le Canada et que le Québec n’est pas la France non plus. Énorme erreur des français qui pensent pouvoir s’intégrer juste parce qu’ils parlent  » français  » !
    ifeelblue je ne suis pas une fausse expatriée ça c’est sur mais du fromage et du pain j’en rêve jour et nuit :))))

    • ifeelblue dit :

      franchement, je trouve que le Québec est bien plus canadien qu’il n’est européen. C’est l’Amérique du nord, quoi, on voit pas une différence flagrante du point de vue architecture, mentalités (sauf certains points), nourriture… y a pas de choc en passant les frontières des provinces, ni la frontière Canada/USA… en tout cas si on retire toute la question de la souveraineté du Québec et de la langue (c’est une grosse question, je te l’accorde 😀 ), les gens sont pas fondamentalement différents je dirais. Là où je suis ils sont plus polis et aimables, mais bon! Quel est ton ressenti maintenant que tu es en Alberta?

      Pour le fromage et le pain, j’avoue que c’est le rêve 😀

      • l’Alberta n’est pas quebecois lol ça c’est sur ! mais dès mon arrivée première impression, je me suis cru être aux USA, tout est grand, les voitures, les routes, les maisons en bois… Alors qu’à Montreal, je me rappelle, je trouvais que ça ressemblait beaucoup à l’Angleterre, les briques partout, et puis j’ai trouvé Montreal très moche avec les escaliers « de secours  » hahahaha mon impression a bien changé depuis je te l’accorde 😉

        • ifeelblue dit :

          en même temps, je pense qu’on peut pas réduire le Québec à Montréal (comme on ne peut pas réduire la France à Paris, les USA à NYC,…) 😉 dès que tu vas en région au QC, tu retrouves les grosses maisons, les gros pick up… enfin c’est mon expérience en tout cas 🙂
          ahah c’est marrant moi au début je trouvais l’architecture à Montréal super sympa (même dans le quartier où je vivais alors, Côte-des-Neiges) et plus le temps passait, moins j’aimais 😀

  3. fedora dit :

    ça sonne tellement juste ce que tu dis (dis la non expat qui vit avec son expat adoré ^^)

  4. blueedel dit :

    Ooohhh combien je suis d’accord. Ça en est même triste!

  5. Ginie dit :

    Les gens ont peut être besoin de certains de leurs repères pour mieux vivre?! puis certains sont partis presque forcé pour trouver une meilleure vie ?! quoi qu’il en soit, il faut un minimum d’adaptation. Si tu viens vivre dans un autre pays, tu dois vivre selon leurs habitudes 🙂

    • ifeelblue dit :

      pour les gens qui sont forcés ou qui n’ont pas le choix, je comprends carrément car ça doit être vraiment pas évident. Mais pour tous ceux qui décident de partir, là je vois vraiment pas l’intérêt! Ça peut être tellement enrichissant, l’expatriation, à condition de faire quelques efforts d’adaptation 😉

  6. pingsheuse dit :

    Pour ne rebondir que sur la question de l’immobilier,la quête d’un nouveau logement dans un nouveau lieu bouleverse les habitudes. on cherche d’abord à reproduire ce que l’on connait. Et ce même sans passer les frontières, par ex ,un basque habitué aux grands volumes sera désarçonné lors des premières visites de maisons nantaises qui elles ont de petites pièces. C’est surtout vrai dans l’ancien, chaque région a sa spécificité.ça l’est moins dans le neuf puisque tout est bcp plus uniformisé. Alors changer de pays c’est forcément changer d’habitude puissance 15 et bizarrement c’est pas aussi évident qu’il y parait. Quand on est parti de métropole pour la Réunion, j’avoue qu’au tout début on cherchait ( de métropole, merci le net) naïvement une maison avec un grand séjour, comme le nôtre. Oui sauf que la vie se passe surtout dehors, sur la terrasse ( varangue), j’ avais beau savoir tout ça, il a fallu casser mes codes. On a finalement trouvé une maison avec une varangue de 80 m2 et un salon de 15 m2 et lors de la visite je me suis demandée ce que j’allais faire de cette pièce ridiculement petite Et pour autant je ne crois pas ne pas faire preuve d’ouverture d’esprit. c’est juste que certains « automatismes » ont la dent dure.;)

    • ifeelblue dit :

      je comprends qu’il soit difficile au début de lutter contre les automatismes comme tu dis. Mais au bout de plusieurs visites, tu te rends compte de la réalité de l’immobilier dans ton nouveau pays/ta nouvelle région et tu apprends à tirer un trait sur certaines de tes exigences. Comme tu l’as fait pour le grand séjour 😉 Au Canada, ce sont les salles de bain qui sont ridiculement petites 😉
      après, c’est le fait de s’entêter qui m’énerve ^^

      • pingsheuse dit :

        j’avais bien compris l’objet de ton billet et comme toi je ne comprends pas qu’on ne se mette pas au diapason du pays où on vit 😉 mais je suis un peu moins d’accord avec l’entame de ton article. (après je ne connais pas l’émission télé dont tu parles) j’ai bossé longtemps dans l’immobilier et des gens qui cherchaient leurs repères habituels dans leur nouveau lieu de vie j’en ai vu beaucoup. l’histoire du frigo me fait penser à ces clients qui ne peuvent pas acheter tel appart parce que l’armoire de la grand mère ne rentre pas dans le salon, il y en a bcp plus que tu ne penses. Et puis dans la recherche d’un quartier, d’un type de maison ou appart quand il s’agit d’expat tout dépend de l’âge et de la composition de la famille. un jeune sans enfant sera plus enclin à faire fi de ses  » automatismes » ( quand il en a) , quand on a des enfants c’est tout de suite différent. je ne vais redire ce que dit Nat un peu plus bas mais c’est exactement ça.

        • ifeelblue dit :

          je pense que c’est humain de chercher ses repères dans un nouveau logement (espace, etc). Je peux le concevoir. Ce que je comprends moins, c’est de ne pas s’adapter après avoir fait X visites de logement et refuser de faire des compromis 😉 Maintenant pour le truc des enfants… c’est marrant ça me fait penser à une émission justement où la mère voulait prendre LA maison en Belgique aux dimensions américaines justement pour ne pas trop déstabiliser ses enfants, et sa fille (10/12 ans) lui disait d’en prendre une autre parce qu’il fallait qu’ils s’adaptent à leur nouveau pays 😀 ça doit dépendre des enfants et de leur âge j’imagine 😉

          • pingsheuse dit :

            oui de plein de choses et aussi des mamans qui pensent (peut être à tort, va savoir…) que reproduire un environnement connu sera moins traumatisant ( c’est pas le mot mais je ne trouve pas) pour leurs enfants. Le pire c’est que peut être en ayant cette démarche on leur inocule aussi cette angoisse, qu’ils s’approprient ou pas ( comme ta petite américaine en Belgique) Mais c’est pas simple de s’expatrier avec des enfants, on essaie de faire au mieux et on n’est jamais sûr de rien.

            • ifeelblue dit :

              c’est sur que la logistique doit être compliquée avec les enfants! maintenant, je pense effectivement que + tu es jeune, + tu t’adaptes facilement 😉 mais bon, j’ai pas d’enfants hein 😀

  7. LadySo dit :

    Certains ont peut-être dû s’expatrier parce qu’ils n’ont pas eu d’autre choix. Par exemple, si la personne a eu le choix entre une mutation dans un autre pays ou être au chômage. Parce que personne n’a vraiment envie de se retrouver au chômage dans la conjoncture actuelle, ils auront pris la mutation, mais ce n’est pas pour ça qu’ils sont plus contents.

    Par contre, ceux qui font vraiment le choix de s’expatrier, je ne comprend en effet pas pourquoi ils essaient de garder le mode de vie à la française. C’est certes difficile de changer de vie comme ça, du jour au lendemain, mais il faut faire des efforts. On sait que s’expatrier, ce n’est pas facile. Quand je chercherais un appart, je n’irais pas le chercher dans le quartier français. Je veux avoir un mode de vie à l’anglaise, pas à la française. Sinon, je serais déjà revenue en France…

    • ifeelblue dit :

      tu as raison, s’expatrier par contrainte est bien différent de l’expatriation par choix. Dans l’émission dont je parle, vu les budgets des gens, je pense vraiment pas qu’il y ait contrainte 😀
      et tu as raison, quoi qu’il en soit c’est difficile, il faut s’adapter à des nouvelles mentalités, cultures, etc. Ça demande des efforts et je pense qu’il faut appréhender le truc de façon positive, accepter que tout va être différent, plutôt que de chercher à se réfugier dans un univers similaire à celui qu’on a quitté. 🙂

      • LadySo dit :

        Je sais que parfois, le fromage me manque, le vrai pain aussi, mais je prend sur moi. Je ne me plains même pas. Je m’adapte, c’est tout. Quand on s’expatrie, il faut s’adapter. Parce que si on s’expatrie, c’est qu’on cherche quelque chose de différent, non ?
        Je ne comprend pas les gens qui cherchent la même chose d’un pays à l’autre. C’est sûrement pour ça que les grandes chaines sont apprécié. Un MacDo en France sera la même qu’aux Etats-Unis…C’est triste…

  8. pomdepin dit :

    Exactement! Et c’est ceux la qui se plaignent toujours, forcément, malgré tous leurs efforts, ils n’arrivent pas a recréer leur vie à 100%. Du coup, ils s’en prennent à leur pays d’accueil sans voir que le problème, c’est eux.

  9. heylinaa dit :

    Perso je trouve ça dommage (et un peu idiot).
    Je sais que si je devais m’expatrier, je choisirais de rencontrer des natifs du pays (ou d’autres expatriés même !) plutôt que de traîner juste avec des Français … sinon autant rester chez soi à mon avis ^^ Pour le reste, s’habituer à un autre mode de vie et tout ça fait partie de l’aventure, c’est important pour s’intégrer et c’est enrichissant 🙂 Parc que là encore, si c’est pour recréer une copie-conforme de son Univers d’origine, autant ne pas bouger… Je n’en vois pas l’intérêt.

  10. Mathilde dit :

    Ah mon Dieu, j’habite le quartier français et je continue de manger des croissants et du fromage… Pour le coup, le quartier on a eu le coup de foudre sur un appart alors bon. Mais je ne pense pas que cela fasse de moi une maudite française pour autant 😉

    • ifeelblue dit :

      après, tu peux vivre dans le Plateau et être bien intégré dans ton pays d’accueil 😉 je parlais plutôt d’un « tout ». J’ai rencontré des Français à Montréal tellement dans leur bulle française (que des sorties PVTistes, regarder que des émissions françaises en streaming, etc), je ne comprenais vraiment pas pourquoi ils avaient traversé l’Atlantique. Après, continuer à manger du fromage, ça fait juste mal au porte-monnaie 😀

      • Mathilde dit :

        Je t’avoue qu’on est venu au Québec après être resté quelques mois sur Toronto, mon copain a eu plus d’opportunités et ça nous a grandement aidé pour avoir notre RP en un rien de temps. Les soirées PVTistes, on en a fait deux, dont une où l’on a rencontré deux personnes extras mais on a pas retenté, c’est pas notre truc. En arrivant au Québec, on se disait qu’on allait fréquenter que des Québecois ou Canadiens, puis au final on a une majorité d’amis français, c’est complexe de se lier d’amitié avec des québecois, je parle d’une vraie amitié.
        Pour le fromage, on a trouvé une adresse qui en fait du pas cher alors c’est redevenu une habitude d’en avoir 🙂
        Parfois on nous dit qu’on a choisit la facilité, qu’on aurait pu rester à Toronto mais je en pense pas qu’on aurait eu notre RP aussi facilement, même si ici on parle français c’est pas facile pour autant !

        • ifeelblue dit :

          c’est sur que c’est compliqué de construire des amitiés avec des « locaux » (et je pense que c’est partout pareil sur ce point-là), mais j’ai l’impression que certains Français n’ont même pas envie d’essayer en fait. :/
          Je comprends le choix stratégique pour la RP, je pense que c’est effectivement + simple (encore que, je me demande si ça va pas devenir de + en + compliqué, vu le nombre de Français qui veulent s’installer au QC!). Et tu as raison, la langue ne fait pas tout, ce n’est pas parce qu’on parle français au Québec que l’expatriation là-bas est plus facile! 😉

  11. Nath dit :

    C’est vrai que certains expatriés ont tendance à vouloir soit recréer leur ancien univers français soit éviter au maximum les contacts avec leur nouvel environnement, mais parfois aussi c’est parce qu’il s’agit d’expatriés qui changent de pays très souvent alors peut-être que pour eux il est important de garder un « cocon familier » ? parce que tout changer comme ça du jour au lendemain, ce n’est pas si simple qu’il n’y parait, notamment lorsqu’on a des enfants par exemple …
    Dans notre cas, on était ravi de découvrir un nouvel environnement, de nouvelles habitudes de vie, de nouvelles personnes, pour autant on a quand même gardé pas mal de nos « habitudes françaises », pour plusieurs raisons. La premièere c’est qu’il faut un peu de temps aussi pour assimiler les nouveaux codes, il ne suffit pas de poser ses valises pour que paf, on intègre tous les nouveaux changements. Au début il y a pas mal de choses qu’on ne comprend pas trop … Ensuite, quitter son environnement, c’est stressant, notamment pour les enfants, alors on se rassure un peu en gardant certains reflexes. Certaines noouvelles habitudes ne nous plaisent pas non plus, ça n’est pas dévalorisant par rapport à notre nouveau pays d’accueil, c’est juste que ça ne nous convient pas. Par exemple pour nous, nous avons conservé nos habitudes alimentaires, avec nos 3 repas par jour, et ce n’est pas tout à fait la norme ici. Et puis pour finir, parfois on veut « s’intégrer » comme on dit mais ce n’est pas si simple : vouloir rencontrer les habitants de notre nouveau pays, c’est notre choix mais ce n’est pas forcément le leur, donc on peut aussi avoir du mal à créer de vraies relations et dans ce cas-là, on est quand même bien content de pouvoir un peu s’appuyer sur nos « compatriotes » pour ne pas se sentir seul …
    En fait s’expatrier, ce n’est ni tout rose ni tout noir, il faut savoir accueillir cette nouvelle vie, mais je crois qu’il est aussi important de ne pas forcément « renier » l’ancienne car c’est aussi important de conserver ses petites habitudes …
    Bon, je suis bavrade ce matin 😉
    En tout cas, c’est sûr que s’expatrier est une sacrée belle aventure (quand c’est un vrai choix pas qq chose d’imposé) et c’est extra de découvrir de nouvelles aventures !

    • ifeelblue dit :

      je trouve ton commentaire très intéressant (j’aime bien les gens bavards 😉 ). C’est vrai que mon article est très superficiel (j’ai même envie de dire « bâclé », un peu) car il y a tout cet aspect « garder certaines habitudes » dont tu parles et que j’ai complètement zappé. Tu as complètement raison, c’est un équilibre en fait. Il ne s’agit pas de renier son identité et ses origines, mais de faire preuve d’adaptation. Moi-même j’ai gardé des habitudes typiquement françaises (l’heure des repas, par exemple). Je suis dans une région de chasseurs et de pêcheurs et je suis végétarienne donc tu ne me verras jamais un fusil sur l’épaule. C’est mon identité, ça ne bougera pas 😉
      Donc oui, il ne faut pas tout abandonner en arrivant dans un nouveau pays. Par contre, il faut être ouvert d’esprit et ne pas se fermer à toutes les différences du pays d’accueil, je pense.
      Et encore une fois, il y a une grande différence entre « expatriation imposée/forcée » et « expatriation choisie » 🙂

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